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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 22:54

Un peu à l'écart de la route de la Soie, et quasiment ignorée des touristes (pour l'instant), se trouve la ville de Divriği avec ses 14 500 habitants.

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La carte de la Turquie avec Divriği en point de mire.
Les maisons sont éparpillées sur un vaste plateau perché à plus de 1200 mètres d'altitude. Ici, les gens vivent principalement de l'agriculture et le tourisme n'en est encore qu'à ses balbutiements alors que la ville possède un trésor architectural classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1985.

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La ville de Divriği vue depuis les ruines de la citadelle.
Ce trésor architectural, c'est le complexe religieux de l'Ulu Cami (Grande Mosquée) et du Darüşşifa (hôpital psychiatrique) construit par l'émir local Ahmet Şah et son épouse Fatma Turan Melik au début du XIIIe siècle.

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Le complexe religieux de l'Ulu Cami et du Darüşşifa (1228).

 

 

Contrairement à nos églises et cathédrales, l'idée n'était pas de construire haut (pour se rapprocher du ciel et donc de Dieu), mais de construire beau. Et je dois dire que c'est très réussi. Le choix de la pierre tout d'abord, un ocre jaune qui prend merveilleusement la lumière du soleil. L'architecture ensuite, des murs sobres qui contrastent avec les portails d'entrée richement décorés.


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Le Darüşşifa, à droite, et l'Ulu Cami dans le prolongement.

 

 

Le portail du Darüşşifa est remarquable. On y trouve des formes géométriques qui, dans l'art islamique, sont l'expression d'une spiritualité. Leur répétition symbolise la nature infinie de la création.


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Le portail d'entrée du Darüşşifa. 

 

 

Parmi ces formes géométriques stylisées, on trouve des étoiles, des entrelacs ainsi que des feuilles et des plantes évoquant le monde végétal, le tout d'une grande finesse.


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Détail du portail d'entrée du Darüşşifa.  

 

 

L'entrée est gratuite et le gardien, un homme d'une cinquantaine d'années aux abords sympathiques, s'occupe comme il peut en sirotant du thé, assis à une table, au frais à l'intérieur. Dans la grande salle, de ce qui était un hôpital psychiatrique, règne une atmosphère particulière. Le silence et la lumière y sont certainement pour quelque chose.


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La grande salle du Darüşşifa.

 

 

Etant le seul visiteur, je peux plus facilement m'imaginer le bruit de l'eau s'écoulant dans le bassin octogonal au centre. Car c'est ainsi que l'on soignait les malades à l'époque: le clapotis de l'eau était censé apaiser les patients, tout comme la musique que l'on venait jouer pour eux.


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La fontaine avec écoulement en spirale et au fond, la scène où venaient jouer les musiciens.

 

 

Le gardien m'invite à prendre le thé. Il ne parle que le turc mais nous arrivons à nous comprendre. Peu de touristes aujourd'hui, peut-être cinq. Je lui dit que c'est dommage, que l'endroit est merveilleux et gagnerait à être connu.

Je poursuis ma visite avec la mosquée qui se trouve dans le bâtiment contigu. Les deux portails d'accès, l'un au Nord et l'autre à l'Ouest, sont, eux aussi, densément sculptés.


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Le portail Nord de l'Ulu Cami.


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Le portail Ouest de l'Ulu Cami.


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Les grilles du portail Ouest.

 

 

On y trouve, comme sur le premier portail, des formes géométriques stylisées et des médaillons, mais aussi des inscriptions en arabe.


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Détail du portail Ouest.

 

 

A l'intérieur de la mosquée, la pierre couleur miel donne beaucoup de clarté et les voûtes, soutenues par des piliers sobrement décorés, sont élégantes et contribuent à l'harmonie de l'édifice.


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La salle de prière de l'Ulu Cami.

 

 

Le minbar, tout en bois, est remarquable. J'en verrai très peu dans cet état de conservation.


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Le mihrab indiquant la direction de La Mecque et le minbar en bois sculpté.

 

 

Alors que je sors de la mosquée, je rencontre une famille française, un couple et leurs trois enfants. Ils font le tour de la Turquie en 4x4, préfèrent le camping sauvage aux chambres d'hôtel et du coup, font des rencontres aussi intéressantes qu'inattendues. Le plaisir de parler français et d'échanger nos impressions sur le pays est si fort que nous sympathisons immédiatement.
Le gardien, qui s'apprêtait à fermer, leur propose de visiter le site, et trop content de voir le nombre de visiteurs doubler en un instant, nous donne rendez-vous le soir même dans un des restaurants de la ville afin qu'on puisse tous se retrouver.
En attendant, tandis que le soleil se fait moins ardent en cette fin de journée, je décide de monter à l'ancienne citadelle qui domine la ville du haut de la colline.


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L'ancienne citadelle vue du parvis de la mosquée.

 

 

De la citadelle du XIIIe siècle, il ne reste rien si ce n'est quelques remparts. Par contre, de là-haut, la vue sur la vallée et les montagnes environnantes est magnifique.


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La vallée fertile de Divriği, côté Nord.

 

 

Et contre toute attente, de l'autre côté se trouve un paysage complètement différent : une gorge profonde taillée au milieu d'un massif désertique. Le contraste est si spectaculaire que j'en reste pantois.


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Les montagnes arides, côté Est.

 

 

Ce que j'ignorais, c'est que le train dans lequel j'allais monter le lendemain, allait précisément emprunter cette gorge...

Le soir même, nous nous retrouvons tous au restaurant pour un dîner des plus sympathiques. L'humeur est joyeuse et la conversation (en français) va bon train. Le guide proposera même d'héberger tout le monde pour la nuit. Etant déjà installé à la Maison des Enseignants, je décline l'invitation, mais la petite famille charentaise accepte avec joie. Ce soir, ils ne dormiront pas à la belle étoile !

 


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Published by Hubert Longépé - dans Anatolie centrale
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