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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 15:03

  

La ville de Divriği étant bordée de montagnes à l'Est, il n'existe aucune route. Il me faudrait faire demi-tour jusqu'à Sivas, soit 3 heures de trajet, et prendre un autre bus qui contournerait l'obstacle par le Nord pour continuer ma route vers l'Est, ce qui ne m'enchante guère. Une alternative s'offre à moi : prendre le train. Le trajet semble plus direct mais combien de temps met-il pour rejoindre Erzincan et pour quel tarif ?

  

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La carte de la Turquie avec le trajet de Divriği à Erzincan en point de mire.

  

  

Quand le guichetier m'annonce le prix, je n'en crois pas mes oreilles. Je lui fais répéter. Quatre Livres turques (soit l'équivalent de deux Euros) pour 150 km ? Je prends ! Non seulement c'est moins cher que le bus mais c'est l'occasion de découvrir un autre mode de transport en Turquie.

 

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Le train en gare de Divriği.

  

  

Quand le guichetier me demande si je veux une place simple ou double, je m'en étonne car il voit bien que je voyage seul. En fait, c'est tout simplement une question de confort. D'un côté de l'allée centrale, se trouvent des places assises pour deux personnes et de l'autre des places assises individuelles. En montant dans le train, j'ai donc la bonne surprise de me voir attribuer un fauteuil pour moi tout seul avec un large espace pour les jambes et même de quoi poser mon sac à dos sans gêner personne. Plus confortable qu'une place en première classe dans un TGV !

  

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A l'intérieur, beaucoup de place et de confort !

  

  

Peu après le départ, le train s'engage dans un tunnel et quand nous en sortons, je reconnais la gorge vue la veille depuis les ruines de la citadelle de Divriği.

  

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La vallée encaissée près de Divriği.

  

  

Le paysage est grandiose. Le train suit les méandres de la rivière enserrée entre deux montagnes. Nous passons tantôt d'une rive à l'autre en fonction de l'étroitesse de la gorge. Plus loin, la vallée s'élargit et offre un nouveau visage.

  

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Un Turc, assis devant moi, s'étonne de me voir prendre autant de photos. Je lui réponds que le paysage est magnifique et que j'en profite mais s'en rend-il compte, lui qui doit faire le trajet régulièrement ? On finit par ne plus prêter attention aux belles choses qui nous entourent...

  

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Bientôt, nous rejoignons une autre rivière, plus grande. Plus tard, je réaliserai, en regardant la carte, qu'il s'agit du mythique fleuve Euphrate !

 

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Quelques kilomètres plus loin, la vallée se rétrécit.

 

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Puis elle s'élargit. Les paysages varient, la végétation aussi. L'émerveillement est total.

 

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Tout à coup, j'aperçois un homme debout sur la banquette un peu plus loin. Que fait-il ? Les mains jointes sur le ventre, il reste immobile malgré les secousses. Puis, il s'agenouille sur la banquette et se prosterne. Il est 12h20 et c'est l'heure de la prière.

 

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Nous entrons de nouveau dans une sorte de canyon et les tunnels s'enchaînent.

 

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Puis, la vallée s'élargit de nouveau et la montagne offre une nouvelle palette de couleurs.

 

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Le paysage est toujours aussi désertique mais de temps à autre un village apparaît. Le train s'arrête quelques minutes puis repart.

 

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Il parcourra la distance de 150 km en un peu plus de 3 heures, soit une moyenne de 50 km/h, ce qui donne largement le temps d'admirer le paysage...

 

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En s'approchant d'Erzincan, on aperçoit des sommets enneigés, dont certains dépassent les 3000 mètres. Puis le paysage s'ouvre sur une large vallée. Nous retrouvons la route de la Soie dont nous nous étions éloignés depuis Tokat.

 

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Une fois arrivé à Erzincan, il me faut prendre un minibus pour rejoindre la gare routière mais je n'en vois pas. Un homme se propose de m'emmener dans son véhicule. Il se prétend taxi alors que sa voiture n'arbore aucune plaque du genre. Je refuse. Il insiste. Pour dix Livres turques (cinq Euros), il m'emmène jusqu'à l'otogar. Renseignement pris auprès d'un couple qui embarque dans une voiture privée, il s'avère que c'est le prix. Je finis par accepter. De toute façon, je n'ai pas le choix, le parking de la gare est désert et je ne vois aucun minibus à l'horizon. Avant de monter, précaution dérisoire, je prends une photo de sa plaque d'immatriculation, on ne sait jamais...

 

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Le train en gare d'Erzincan.

 

 

A la gare routière, je prends un billet pour Trabzon et un jeune homme m'aide à téléphoner pour réserver une chambre à la maison des Enseignants. Malheureusement, tout est complet et il me faudra trouver un hôtel traditionnel. Pour le remercier de son aide, je lui propose un thé puisqu'il refuse tout argent. En fin de compte, c'est lui qui me l'offrira. Ils sont comme ça les Turcs : ils vous aident et en plus ils vous offrent un thé ! Nous avons décidément beaucoup à apprendre...

 

 

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Published by Hubert Longépé - dans Anatolie centrale
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commentaires

Gracianne 03/03/2009 17:26

Bonjour,
J'avais l'habitude de me rendre chaque jour sur le blog de Nat... et la curiosité de découvrir d'autres liens m'a conduite vers le vôtre.
Très intéressant aussi et hebdomadaire si je ne me trompe.
Donc je vais reprendre vos articles depuis le début et les ramasser un à un comme le petit Poucet!

Nat 02/03/2009 08:55

L'extérieur du train ne laisse en aucun cas présager le confort intérieur. J'espère pouvoir y voyager en juillet prochain...