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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 17:10


La route côtière qui relie Amasra à Sinop, à 300 km plus à l'Est, offre de magnifiques panoramas sur la mer Noire. Elle est malheureusement mal desservie par les transports en commun. Aussi, plutôt que d'attendre un hypothétique bus, je préfère tenter ma chance en auto-stop. Et ça marche !

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La carte de Turquie avec la route d'Amasra à Cide en point de mire.


A la sortie d'Amasra, une voiture s'arrête à ma hauteur. Le jeune homme propose de m'emmener jusqu'au village d'après. Je monte dans le véhicule et engage la conversation.

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Serkan au volant de sa voiture.


Serkan parle un peu l'anglais. Il m'explique qu'il est étudiant et qu'il a un petit boulot de cuisinier pour l'été. Il se rend à son travail. Dans la voiture, des sacs de tarhana (aliments déshydratés à base de céréales) qui serviront à faire des soupes.

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Accrochés au rétroviseur, des porte-bonheurs les plus divers, y compris des objets publicitaires !


La route se faufile à travers un paysage de montagne verdoyant et le panorama est superbe. Serkan se propose de s'arrêter pour que je puisse faire des photos. Je n'en abuse pas pour ne pas le mettre en retard mais j'apprécie sa gentillesse et sa disponibilité.

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La côte de la Mer Noire entre Amasra et Çakraz.


Nous arrivons dans le petit village de Çakraz, en bord de mer. La plage est déserte à cette heure de la journée. Mon "chauffeur" me dépose et me souhaite bonne chance. Je le salue et le remercie vivement.

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La plage de Çakraz.


Je parcours le remblai sur toute la longueur et croise quelques personnes qui me regardent avec curiosité. Ca ne doit pas être fréquent de voir un étranger, sac au dos, débarquer dans le coin...

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Les chaises longues sont encore vides en ce milieu de matinée.


Je continue de marcher jusqu'aux rochers de grès rouge qui marquent la fin de la plage et m'arrête au niveau des petites embarcations de pêcheurs. L'endroit respire le calme et le repos. Je resterais bien quelques heures ici pour profiter du lieu mais il me faut avancer car la route est encore longue jusqu'à Sinop.

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Quelques barques de pêcheurs en bout de plage.


Je marche un kilomètre pour sortir du village et tends de nouveau le pouce. Les véhicules sont rares et cette fois-ci, l'attente est plus longue. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et la chaleur plus vive. Heureusement, les arbres en bordure de route m'offrent un peu d'ombre. Après une bonne heure d'attente, une voiture ralentit et s'arrête.

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Murat sur la route de Kurucaşile.


Murat, la trentaine, parle l'anglais lui aussi. Il travaille comme négociant en acier. Aujourd'hui, il va voir des charpentiers de marine à Kurucaşile pour voir l'avancée des travaux et me propose de venir avec lui, ce que j'accepte bien volontiers.

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Kurucaşile et sa plage.


Nous sommes accueillis par trois ouvriers qui nous font visiter le chantier. Ils travaillent sur trois embarcations destinées au musée de Sinop mais fabriquent également des yachts et leur savoir-faire est reconnu bien au-delà des frontières turques.

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Les trois ouvriers devant un de leurs bateaux en construction.


Un riche italien leur a passé commande d'un yacht dont il a élaboré les plans. En le faisant construire ici, non seulement il sera assuré d'un travail et d'une finition exemplaires mais il paiera son bateau deux à trois fois moins cher que s'il l'avait fait faire en Europe. Je n'ai pas le droit de prendre de photos du petit bijou car le futur propriétaire redoute la copie frauduleuse...

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Un des charpentiers de marine à l'oeuvre.


Nous passons la fin de la matinée à bavarder autour d'un thé, puis deux, puis trois... La pause s'éternise mais les ouvriers sont visiblement contents de faire partager leur passion. Car il s'agit bien de passion. Ici, point de rendement ou de rentabilité mais plutôt le goût du travail bien fait et de la patience, beaucoup de patience...

L'heure du déjeuner approche et je propose à Murat de devenir mon hôte, ce qu'il accepte. Il suggère de s'arrêter dans le port de Gideros où l'on mange, dit-il,  de délicieux poissons.

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Le minuscule port de Gideros.


Le port de Gideros tient plus de l'abri naturel que d'un port à proprement parler. Quelques enfants se baignent et jouent dans l'eau.

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Quelques minuscules embarcations à l'échelle du port.


La terrasse de l'unique restaurant, à l'ombre d'une treille, donne directement sur la grève. On nous sert des anchois grillés à point et des istavrit (poissons un peu plus gros que des sardines), le tout servi avec une salade à base de tomates et de concombres. C'est un vrai régal.

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Murat à la terrasse du restaurant.


Au moment de payer l'addition, je m'aperçois que tout est déjà réglé. Murat sourit derrière sa moustache. Il a sans doute profité du moment où il est allé aux toilettes pour passer à la caisse. Quand je lui dis que c'était à moi de l'inviter, il prononce ces mots qui résonnent encore dans ma tête : "C'est un honneur pour nous de recevoir des étrangers qui ont choisi de visiter notre pays ". Je suis stupéfait. C'est le genre de phrase qui remet les pendules à l'heure. Un étranger, a-t-il déjà entendu ça en France, soi-disant terre d'accueil ? Je ne parierais pas.

L'après-midi est déjà bien avancé lorsque nous reprenons la route. Nous approchons de Cide où mon hôte doit me déposer avant d'aller voir de la famille non loin de là et de s'en retourner vers Safranbolu.

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La grande plage de Cide.


J'ai le choix entre continuer vers Sinop en suivant la côte ou prendre un bus pour Kastamonu, une ville à l'intérieur des terres, avec peut-être la possibilité d'y être avant la nuit. L'idée de poursuivre la route côtière m'attire mais je me refuse à faire du stop en fin de journée. Quant à passer la nuit sur place et reprendre la route le lendemain, cela veut dire consacrer un jour de plus, voire deux à découvrir la côte et passer moins de temps dans l'Est du pays qui reste mon objectif principal.

Tout dépend des horaires de bus. Murat se propose donc de me déposer au terminal de Cide. Après renseignement, il se trouve qu'un bus à destination de Kastamonu part dans deux heures. C'est décidé, j'opte pour Kastamonu. Mon ticket en poche, je reviens sur la plage où j'ai tout le loisir de regarder la mer et d'observer les gens. Ici, ces femmes portant robe longue et foulard...

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Sur la plage de Cide.


Là, ce jeune couple cherchant quelque trésor dans le sable...

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Sur la plage de Cide.


Et là, cette mère surveillant son fils du coin de l'oeil pendant qu'il joue dans le sable...

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Sur la plage de Cide.


Aujourd'hui, quand je pense à cette route côtière et que je revois les photos, j'ai quelques regrets de n'avoir pas continué vers Sinop. Je suis certainement passé à côté de quelques beaux paysages, quelques belles plages et, qui sait, quelques autres belles rencontres en auto-stop. Tant pis, ce sera pour une autre fois...

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Published by Hubert Longépé - dans Mer Noire
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commentaires

Nat 22/03/2009 11:52

Je t'avais parlé de l'hospitalité turque qui est incomparable. Tu la découvres au fur et à mesure de ton voyage et comme tu le dis, cela remet les pendules à l'heure, surtout quand on n'est guère habitué.