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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 22:28


C'est sur la proposition du gérant de l'hôtel et dans sa camionnette que nous nous rendons, moi et quelques autres touristes européens de passage, sur l'île d'Akdamar.


La carte de la Turquie avec l'île d'Akdamar en point de mire.


Située à une quarantaine de kilomètres au Sud-Ouest de Van, elle est visible depuis le rivage.


L'embarcadère pour l'île d'Akdamar, en face.


Trois kilomètres seulement nous séparent de l'île et un petit bateau à moteur nous y emmène en une dizaine de minutes.




La traversée en bateau.


C'est entre 915 et 921 que Gagik Ier Arçrouni, roi de Vaspourakan (province de l'Arménie historique), y fit édifier un palais, un monastère et une église. Si le palais et le monastère ont aujourd'hui disparu, il reste l'église Sainte-Croix (Akdamar kilisesi), joyau de l'architecture arménienne.


L'église Sainte-Croix (début Xe siècle).


Ses murs, couleur ocre, sont recouverts de bas-reliefs qui font du monument un des plus originaux de la chrétienté. C'est d'ailleurs un miracle qu'ils soient parvenus intacts jusqu'à nous.


La façade Sud de l'église.


En haut, une frise continue représente des scènes de chasse. En bas, on peut voir des personnages et des scènes de l'Ancien Testament.


Les prophètes Elie et Samuel (en médaillon) et en bas (de gauche à droite) : Saül, David et Goliath.



Le Christ en majesté (remarquer les trois doigts levés, symbole de la trinité) et un ange.


A gauche, le prophète Jonas avalé par la baleine. A droite, Noé, pris de boisson, retrouvé dévêtu dans les vignes. Le personnage en turban juste au-dessus pourrait être le roi Salomon.


La façade Est de l'église représentant d'autres saints et prophètes.


A l'intérieur, les murs sont tapissés de fresques datant du Xe siècle. Malheureusement, celles-ci sont très abîmées.


L'intérieur de l'église.


Quelques unes d'entres elles ont néanmoins réussi à traverser le temps et certaines ont même gardé leurs couleurs d'origine.


Un saint évêque portant le pallium (ornement liturgique porté sur la chasuble).


C'est sans doute l'isolement de l'île qui a permis à ce chef-d'oeuvre d'architecture d'échapper à la destruction. Aujourd'hui, on peut ainsi profiter d'un monument exceptionnel au milieu d'un paysage de carte postale.


L'île d'Akdamar avec au loin le Mont Çadir (3537 m).


Après cette petite visite culturelle, rien de tel qu'un bon bain dans l'eau claire du lac de Van.


Une petite plage, côté Nord.


Les galets de la petite plage, située à deux pas de l'église, ne sont pas très confortables mais je ne résiste pas à l'envie de me baigner. L'eau est claire et légèrement salée, du fait des origines volcaniques du lac.


Sur la plage de galets.


Je nage... dans le bonheur. La dernière fois que je me suis baigné, c'était dans la mer Noire, du côté d'Amasra, au tout début de mon périple, alors, pensez donc !

Mais bientôt, il est l'heure de rentrer. Nous reprenons le bateau qui nous ramène sur les rives du lac.


Le capitaine du bateau au gouvernail.


Le nom Akdamar, viendrait d'une légende racontant l'histoire d'une princesse arménienne, appelée Tamar, qui habitait sur l'île. Elle était tombée éperdument amoureuse d'un homme du peuple. Chaque nuit, le garçon se rendait sur l'île à la nage pour rendre visite à sa belle, guidé par une lanterne qu'elle allumait pour lui. Mais son père fut mis au courant de ses visites nocturnes. Une nuit, alors que la princesse attendait son amant, son père fracassa sa lanterne, laissant le pauvre garçon nager au milieu du lac sans aucun repère pour le guider. On dit que ses derniers mots auraient été "Akh, Tamar" (Oh, Tamar) et qu'on peut encore les entendre certains soirs...

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Published by Hubert Longépé - dans Anatolie orientale
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commentaires

Gracianne 11/05/2009 23:09

Très intéressante visite. Escapade nautique appréciable aussi!
J'ignorais que les eaux d'un lac d'origine volcanique pouvaient être salées...

Hubert Longépé 12/05/2009 19:09


L'eau, provenant de nombreux petits cours d’eau et de la fonte des neiges, est douce au départ. Mais comme c’est un lac sans débouché (obstrué par une coulée de lave du volcan
Nemrut, tout proche), l'eau ne peut disparaître que par évaporation. Avec le temps, la concentration en sels minéraux augmente progressivement.


Nat 11/05/2009 10:35

Je m'étais rendue à Akdamar en août 2006 mais l'église était en pleine restauration et impossible de ce fait d'y entrer. De même, un grillage l'entourait et il n'était pas possible de voir d'aussi près les bas-reliefs qui sont de toute beauté.

Hubert Longépé 11/05/2009 18:20


Les travaux ont pris fin en octobre 2006 et l'inauguration a eu lieu le 29 mars 2007. J'ai effectivement eu beaucoup de chance de pouvoir la visiter l'été dernier.