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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:26


Mardin se situe dans le Sud-Est de la Turquie à proximité de la frontière syrienne et irakienne. Tout au long de son histoire, la ville a accueilli des populations d'origines ethniques et religieuses diverses telles que des chrétiens syriaques, des juifs, des yezidis (minorité religieuse de langue kurde), des Arabes, des Kurdes, des Arméniens et des Turkmènes. Aujourd'hui encore, on y parle le kurde et l'arabe, parfois l'arménien et certains offices religieux chrétiens sont célébrés en syriaque, un ancien dialecte araméen, la langue du Christ !


La carte de la Turquie avec Mardin en point de mire.


Située à 1300 mètres d'altitude, la ville bénéficie d'une situation exceptionnelle. Ses maisons couleur miel s'étendent sur les flancs d'une colline au pied d'une ancienne citadelle dont les remparts se fondent merveilleusement avec l'ocre de la roche.


Mardin et son ancienne citadelle (ses vestiges, situés en zone militaire, ne se visitent pas).



Parcourir la rue principale qui traverse la vieille ville de part en part permet déjà de voir quelques bâtiments intéressants. Tout d'abord, l'ancien patriarcat syriaque catholique, construit à la fin du XIXe siècle, qui abrite aujourd'hui le musée de la ville.


Les bâtiments de l'ancien patriarcat syriaque catholique (1895).


Ensuite, on découvre un caravansérail du XVIIe siècle, superbement restauré, où loge désormais le bureau de poste.


Le caravansérail (XVIIe siècle).


Une des fenêtres ouvragées du caravansérail.


Le travail en dentelle de la pierre.


Plus loin, toujours dans la rue principale, on peut admirer une maison remarquable (Şahkulubey Konaği) dont les bâtiments, construits autour d'une cour intérieure, sont décorés de multiples arcades sculptées.


Les arcades sculptées d'une maison ancienne.


Alors que je prends un cliché de la bâtisse, un vieil homme s'adresse à moi. Il insiste pour que je le prenne en photo. Espère-t-il un peu d'argent en retour ? Même pas. Il esquisse un léger sourire et s'en va comme il est venu... Rencontre très furtive mais je suis content d'avoir pu capturer son regard.


Le portrait d'un habitant de Mardin.


Arrivé à hauteur de la Grande Mosquée (Ulu Cami), on jouit d'un superbe panorama sur le vaste plateau désertique de Mésopotamie qui s'étend jusqu'à la Syrie dont la frontière n'est qu'à une vingtaine de kilomètres.


Le minaret sculpté de la Grande Mosquée (XIXe siècle) et l'aride plateau mésopotamien.


Deux rues plus loin, une autre mosquée (Şehidiye Camii) présente une architecture tout à fait intéressante : une grande salle voûtée du XIVe siècle, très dépouillée, dont la base repose sur de larges piliers.


La salle de prière de la mosquée Şehidiye (XIVe siècle).


Assis dans un coin sombre de la salle de prière, un fidèle est penché sur le Coran. Il psalmodie sourate après sourate tout en se balançant d'avant en arrière. J'assiste à la scène de loin.


Un musulman en pleine dévotion.


Il fait bon également se balader dans le dédale des petites ruelles pavées qui courent de part et d'autre de la rue principale. On emprunte des escaliers et des passages sous les maisons appelés “abbara” par la population locale.


Un passage sous une maison dans une ruelle pittoresque.


On y croise des ânes encore fréquemment utilisés pour transporter toutes sortes de marchandises.


Un âne employé sur un chantier de restauration.


Près du centre, on trouve le bazar qui nous rappelle le commerce florissant de la ville du temps où Mardin était une étape importante sur la Route de la Soie. On y venait justement pour la soie, très réputée. Jusqu'à la Première Guerre mondiale, la ville comptait environ trois mille métiers à tisser !


Quelques échoppes du bazar sous les arcades.


Dans la partie haute de la ville, au pied de la citadelle, on peut voir une  ancienne école coranique (Sultan Isa Medresesi). Construite à la fin du XIVe siècle par les Artukides, une dynastie turcomane établie en Syrie et en Arménie dès le XIe siècle, elle possède un toit en terrasse et deux dômes particulièrement bien travaillés.


L'ancienne école coranique Sultan Isa Medresesi (1385).


Dans la partie basse de la ville se trouve une autre école coranique (Kasımiye Medresesi), également d'époque a
rtukide.



L'école coranique Kasımiye et son portail monumental (1469).


Les bâtiments sont organisés autour d'une cour intérieure agrémentée d'un bassin.


La cour intérieure de l'école coranique.


Ce complexe à deux étages abrite une mosquée, une tombe et une vingtaine de pièces destinées à accueillir les étudiants.


L'école coranique Kasımiye à la nuit tombante.


La visite terminée, je sors en me demandant comment rejoindre mon hôtel à trois kilomètres de là. Il n'y a pas de minibus et je suis fatigué d'avoir marché toute la journée. Et là, le miracle. Un jeune homme, en visite lui aussi, me demande de quel pays je viens et où je loge. J'ai à peine le temps de lui répondre qu'une voiture avec chauffeur s'arrête à ma hauteur. Sans comprendre, je monte dans le véhicule et en quelques minutes, je suis devant mon hôtel. Mieux que le téléphone arabe !

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Published by Hubert Longépé - dans Anatolie orientale
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commentaires

Nat 21/09/2009 09:22

Ah Mardin, une ville que je revois toujours avec le même plaisir et dont je ne me lasse pas...