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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 17:00


Antioche se situe à une vingtaine de kilomètres de la mer Méditerranée sur une pointe de terre turque qui s'avance vers la Syrie. Le paysage alentour est des plus agréables : maquis sur la montagne, vignes sur les coteaux et cultures dans la vallée.


Carte de la Turquie avec Antakya (Antioche) en point de mire.


Antioche a connu un développement rapide dès l'Antiquité. Sa prospérité et son prestige étaient tels qu'au IIe siècle de notre ère, les Romains la considéraient comme la troisième ville de leur empire après Rome et Alexandrie. Aujourd'hui, c'est une ville de taille modeste : 140 000 habitants contre 400 000 à l'époque !


La ville d'Antioche au pied de la montagne.


Elle a également joué un rôle majeur dans l'expansion du christianisme. C'est ici que, selon la Bible, les apôtres Pierre et Paul auraient enseigné la bonne parole et que, toujours selon la Bible (Acte 11, verset 26),  le terme de "chrétien" aurait été utilisé pour la première fois. La grotte secrète, dans laquelle les premiers disciples se réunissaient, existe toujours.


La falaise abritant l'église troglodytique Saint Pierre (Ier siècle ap. J.-C.).


Malheureusement, elle est fermée pour cause de restauration. Un garde assurant la sécurité du site a la gentillesse de faire une photo de l'entrée de la grotte pour moi. On y voit un mur, accolé à la falaise, que les Croisés ont construit au XIIe siècle pour protéger l'accès de ce haut lieu chrétien.


Le mur protégeant l'entrée de l'église Saint Pierre (XIIe siècle).


Depuis la grotte, un chemin part vers la montagne. Guidé par un habitant, je découvre un buste de la Vierge Marie taillé dans le roc. Il est quelque peu martelé mais sa taille (5 m de haut) reste impressionnante.


Le buste de la Vierge Marie.


La tradition chrétienne est encore bien présente à Antioche. Pour preuve, on y trouve le siège de cinq patriarcats chrétiens : syriaque, maronite, gréco-melchite, jacobite syriaque et grec orthodoxe. Ces derniers continuent de célébrer leurs offices dans une très belle église du centre-ville.


L'église grecque orthodoxe (reconstruite au XIXe siècle).


A l'intérieur, on trouve une magnifique iconostase couverte d'un grand nombre d'icônes.


L'iconostase de l'église.


Détail de l'iconostase avec la Dormition de la Vierge (à gauche), les apôtres Pierre et Paul (au centre) et la Vierge à l'enfant.


Un peu à l'écart, loin du tumulte du centre-ville, on trouve encore quelques anciennes rues avec leur pavage d'origine et une rigole centrale, pour l'évacuation de l'eau.


Une ancienne rue pavée.


Certes, la plupart des maisons auraient bien besoin d'être restaurées mais la couleur défraîchie des façades leur donne un certain cachet.


Une rue de la vieille ville.


C'est dans ce quartier que, d'après l'Eglise catholique romaine, saint Pierre aurait vécu entre 42 et 48.


Détail d'une porte.


Au-dessus de certaines portes, on peut voir des inscriptions en arabe. Rien de surprenant quand on sait que, jusqu'à son intégration au sein de la Turquie en 1939, la ville d'Antioche est restée arabe dans sa culture et que l'arabe demeure encore la langue de prédilection de nombreux habitants.


Une porte avec une inscription en arabe.


En continuant à marcher dans le dédale des ruelles, je découvre de jolies maisons à encorbellement.


Une ruelle bordée de maisons à encorbellement.


Une maison à encorbellement.


Plus loin, j'aperçois la mosquée du quartier qui, de part sa taille et son architecture, se fond parfaitement dans son environnement.


La mosquée Habibi Naccar.


Il n'existe que trois rues pavées dans le vieil Antioche. Lorsqu'on demande pourquoi aux habitants, ils expliquent tout naturellement qu'ils en avaient assez de marcher sur les pavés irréguliers, notamment les femmes avec leurs talons. Ils ont alors demandé à la municipalité de recouvrir les chaussées d'un revêtement en bitume, beaucoup plus sûr !


Une ruelle anciennement pavée, aujourd'hui bitumée.


On pourra toujours regretter la disparition de ces pavés qui contribuaient à la beauté de ces vieux quartiers, mais la ville n'en reste pas moins intéressante par son charme et son histoire. Faire étape à Antioche, c'est replonger dans un passé lointain, au temps de saint Pierre et saint Paul et des premiers chrétiens et constater que les racines de notre civilisation judéo-chrétienne sont aussi dans ce coin du monde...

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Published by Hubert Longépé - dans Côte méditerranéenne
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commentaires

Abbé Samih RAAD 03/01/2017 16:14

Merci pour cet article et ces belles photos!

Taste of Beirut 12/10/2013 17:53

je voudrais aussi visiter cette ville Antakya en Arabe; et les Eglises melchites; beaucoup de charme et dommage pour les ruelles bitumées (j'aurais dit au diable les talons!)

delevallée 10/11/2009 12:56


j'ai decouvert votre site par hasard et depuis je guette avec impatience le debut de semaine pour vous lire .je suis allée souvent en turquie j'adore ce pays et ses habitants et revoir ou decouvrir
de nouveaux endroits me fait un plaisir immense d'autant que vos photos sont splendides et vos commentaires instructifs .merci beaucoup de partager !


Hubert Longépé 18/11/2009 09:25


Merci pour tous ces compliments. J'ai également adoré la Turquie et j'ai beaucoup de plaisir à partager mes découvertes par l'intermédiaire de ce blog.


Nat 09/11/2009 08:25


La cuisine d'Antioche est une des plus réputées de la Turquie, c'est donc également une étape de choix pour goûter au humus, au pilav agrémenté d'épices, au künefe...


Hubert Longépé 18/11/2009 09:32


J'ai goûté au künefe grâce à un couple de turcs rencontré sur place. Je confirme, c'est délicieux !