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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 20:30


Pas facile la vie de piéton à Istanbul à cause de la circulation dense et des automobilistes peu respectueux du Code de la Route. Ils conduisent sans ceinture, avec le portable à l'oreille et un doigt sur le klaxon... Heureusement, la ville offre un plateau piétonnier immense qui permet au piéton, outre l'avantage de marcher en toute sécurité, d'avoir un aperçu de l'animation qui y règne.

Istiklal Caddesi est l'avenue la plus animée du quartier de Beyoğlu. La foule y est toujours présente quelle que soit l'heure de la journée.

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Le plateau piétonnier d'Istiklal Caddesi.


Cette artère longue de 1,2 kilomètre a un brillant passé. C'est là, entre le XVIe et le XIXe siècle, qu'ont été construites les ambassades européennes, véritables petits palais, transformées aujourd'hui en consulats. C'est là aussi qu'on trouve le célèbre Lycée de Galatasaray, fondé à la fin du XVe siècle, et qui a formé l'élite politique et intellectuelle de la société turque.

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Le Lycée de Galatasaray (bâtiments de 1908).


Dans les années 1940, ce quartier était un peu le Saint-Germain-des-Prés turc. On y trouvait des cinémas, des théâtres, des cafés littéraires, des bars, des restaurants chics et des pâtisseries. Tout ce que la ville comptait d'artistes et d'intellectuels venait s'y retrouver pour s'amuser ou refaire le monde autour d'un verre.

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Un tableau turc contemporain représentant le restaurant russe d'Ayaspaşa dans les années 40, à l'époque où les femmes, complaisamment décolletées, imitaient les starlettes d'Hollywood.


Le tramway, apparu dans les mêmes années, a été fort heureusement conservé. Avec quelques hôtels, dont le Pera Palace Hotel où Agatha Christie a écrit la majeure partie de son roman Le Crime de l'Orient-Express, il est l'un des derniers témoins d'une époque révolue.

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Le vieux tramway dans Istikal Caddesi.


Le quartier d'Eminönü est lui aussi pourvu d'un plateau piétonnier intéressant. Dans certaines rues, l'animation est permanente car le marché a lieu tous les jours. Les étals débordent largement sur le trottoir et les affaires vont bon train. On n'en oublie pas pour autant Atatürk, le Père de la nation.

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Une rue du quartier d'Eminönü et son marché quotidien.


Levés aux aurores, les commerçants ne comptent pas leurs heures.

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Un marchand de fruits et légumes devant son étal.


On peut boire et grignoter dans la rue à n'importe quelle heure de la journée. Pour quelques centimes d'Euros, on peut manger un simit, petite brioche en forme de couronne.

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Un vendeur ambulant de simit.


Ou goûter à un mısır, poupée de maïs grillée ou bouillie.

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Un vendeur ambulant de mısır.


Une petite soif ? D'autres vendeurs de rue proposent au choix, thé, jus de fruit ou eau. Avec sa tenue vestimentaire originale, celui-ci attirera l'oeil et fera peut-être de meilleures ventes.

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Un vendeur ambulant de thé.


Dans la rue, on trouve toutes sortes de vendeurs qui proposent toutes sortes de services, même les plus improbables...

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Un vendeur ambulant proposant un service de photocopie sur le Pont de Galata.


On trouve aussi des enfants vendant paquets de mouchoirs, cigarettes, boissons fraîches, bibelots... etc. Bien qu'interdites par la loi et donc répréhensibles, de telles pratiques permettent aux enfants de s'occuper utilement pendant leurs vacances et d'apporter des revenus complémentaires à leur famille.

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Un jeune garçon vendeur de bouteilles d'eau fraîche.


Parcourir les rues piétonnes d'Istanbul est non seulement agréable mais instructif. Au delà du spectacle quasi-permanent qu'elles offrent, elles permettent d'avoir un bon aperçu de la vie quotidienne des istanbuliotes et d'en apprendre un peu plus sur leur mode de vie.

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Published by Hubert Longépé - dans Istanbul
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 20:26


Constantinople, porte de l'Orient, a été tout au long de son histoire, un des centres d'échanges les plus importants du monde. A l'époque médiévale transitaient tous les produits en provenance de l'Inde et de l'Afrique orientale : or, pierres précieuses, ivoire, porcelaine, tapis et étoffes luxueuses. La mythique Route de la Soie passait par la capitale de l'Empire byzantin.

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La carte de la Route de la Soie.


Aussi, c'est avec grand plaisir que je découvre le Bazar Egyptien et le Grand Bazar d'Istanbul (Kapalı Çarşi), symboles de cette ancienne cité marchande.

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Une des entrées du Bazar Egyptien.


Et contrairement à ce que leur nom laisse penser, le Grand Bazar et le Bazar Egyptien sont très propres et bien ordonnés !

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Une rue du Grand Bazar.


Le Kapalı Çarşı est en fait un marché couvert, bâti à l'époque de Mehmet le Conquérant (XVe siècle), qui a été rénové et agrandi  au fil des siècles. Le réseau de galeries est devenu si important qu'il couvre aujourd'hui une surface de 6 ha. On y trouve plus de 3000 échoppes, des restaurants, des cafés, des salons de thé, des ateliers, des banques, des mosquées... Le Bazar Egyptien, lui, est plus petit mais que de monde !

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La foule dans une artère du Bazar Egyptien.


C'est grâce au commerce avec l'Orient que les voyageurs ont pu découvrir des fruits inconnus tels les abricots, les pêches ou les oranges, et des oiseaux exotiques tels les paons ou les pintades.

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Un étal de fruits secs.


Plus encore que le commerce de la soie, c'est celui des épices qui a valu à Constantinople de devenir la capitale économique du bassin méditerranéen.

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Un stand d'épices.


Le vieux bedesten (entrepôt) constitue le coeur du Grand Bazar. Ses quinze salles coiffées de coupoles étaient autrefois destinées à la vente des marchandises les plus précieuses. De lourdes portes de fer en fermaient l'accès la nuit. Aujourd'hui s'y sont installés quelques antiquaires qui proposent des objets vraiment intéressants.

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La vitrine d'un antiquaire.


On pourrait passer des journées entières dans le dédale des rues, un vrai labyrinthe !

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Un magasin d'étoffes.


On y vient pour flâner ou trouver l'objet de ses rêves.

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Un magasin de faïence.

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Une échoppe vendant des objets en cuivre et en étain.

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Des luminaires de fabrication artisanale.


Mais quoiqu'on cherche, on trouve toujours chaussure à son pied !

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Un étal de babouches.


Et puis au détour d'une galerie, superbe surprise : le Zincirli Han, un caravansérail comme il en existait une trentaine dans ou autour du Grand Bazar. Le magnifique édifice rose offre un espace de paix et de sérénité à l'écart du tumulte du marché.

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Le Zincirli Han et sa cour pavée.


Là, goûtant à la tranquillité du lieu, j'imagine les caravanes qui faisaient halte ici jadis, les voyageurs fourbus s'activant autour de leur monture et de leurs marchandises ou échangeant des propos autour d'un thé à l'ombre des arcades, se renseignant sur les obstacles ou les dangers de la route à venir avant de se retirer dans les chambres pour un repos bien mérité.

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La galerie supérieure du Zincirli Han.


Lors d'un prochain voyage à Istanbul, je reviendrai certainement voir le grand marché couvert. Je prendrai davantage le temps de regarder la vitrine des échoppes, je m'arrêterai pour humer les épices, pour goûter aux figues farcies et autres délices orientaux et je pousserai la porte d'un antiquaire pour mieux admirer ses trésors. Oui, promis, je reviendrai...

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Published by Hubert Longépé - dans Istanbul
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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 21:26


Constantinople a été successivement la capitale de l'Empire romain d'Orient, dit Empire byzantin, du IVe au XVe siècle, et la capitale de l'Empire ottoman, du XVe au XXe siècle, deux empires qui ont marqué l'histoire.

Quand on se promène du côté de l'At Meydanı, vaste esplanade plantée d'arbres près de la Mosquée Bleue, on a du mal à s'imaginer qu'on est sur le site d'un hippodrome romain qui pouvait accueillir 100 000 personnes. C'était le centre de la vie byzantine et c'est là qu'est née la Nouvelle Rome en l'an 330.

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L'At Meydanı sur le site de l'hippodrome romain.


Rien de particulier à voir si ce n'est deux obélisques rapportés d'Egypte dont l'un en granit rose érigé au temps de l'empereur Théodose le Grand en 390.

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L'obélisque provenant du temple d'Amon-Rê à Karnak (1500 av. J.-C.).


A la base, on peut voir un bas-relief représentant l'empereur Théodose, installé à la tribune impériale de l'hippodrome avec sa famille, remettant une couronne au vainqueur de la course.

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Bas-relief de l'obélisque (IVe siècle).


Au XVe siècle, Constantinople est devenue la capitale de l'Empire ottoman, un empire immense puisqu'il incluait la Turquie actuelle, les Balkans, le pourtour de la Mer Noire et une grande partie du bassin méditerranéen.

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La carte de l'Empire ottoman du XVe au XVIIe siècle.


A mes yeux, le palais de Topkapı représente bien le pouvoir et la puissance de cet empire.

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Le palais de Topkapı dans son écrin de verdure (XVe-XIXe siècles).


Deuxième plus grand palais du monde à l'époque (après le palais impérial de Pékin), il a été la résidence des sultans et de leur famille pendant près de quatre siècles. Il regorge de magnificence et de luxe. Pour s'en convaincre, il suffit de visiter les quatre cours successives et de voir les portes monumentales qui en constituent l'entrée.

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La porte de l'Auguste qui s'ouvre sur la première cour ou place des cérémonies (1478).

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La porte du Milieu qui s'ouvre sur la deuxième cour ou place du Divan (1524).


Si la première cour avait pour fonction d'accueillir les visiteurs qui y laissaient leur monture, la seconde cour était essentiellement utilisée par le sultan pour rendre la justice. Elle était donc conçue pour impressionner. Dans le récit qu'il fait de sa visite au sultan en 1573, l'ambassadeur français Philippe du Fresne-Canaye raconte l'alignement des janissaires le long du mur, leurs turbans comme des épis de maïs, les mains jointes devant eux, comme des moines, restant immobiles et silencieux durant plus de sept heures, comme des statues.

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Le sultan Selim III accordant une audience devant la porte de la Félicité (peinture à l'huile, vers 1800).


La porte de la Félicité s'ouvre sur la cour intérieure ou troisième cour, où commencent les appartements privés du sultan. Nul ne pouvait passer cette porte sans l'autorisation du sultan. Même le grand vizir n'était autorisé à franchir la porte que selon des horaires et à des conditions bien spécifiées.

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La porte de la Félicité (XVIe siècle).


Le quartier privé du palais réservé à la famille impériale, aussi appelé harem, respirent la magnificence et le luxe. Il faut voir, notamment, les appartements de la sultane mère décorés de faïence ottomane et de peintures murales.

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Les appartements de la sultane mère (fin XVIe siècle).


Ou encore le hall impérial qui accueillait réceptions officielles et fêtes.

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Le hall impérial (fin XVIe siècle).


Le goût du luxe se retrouve jusque dans les robinets en or de la baignoire du sultan...

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La baignoire en marbre du hammam du sultan (XVIe siècle).


Les appartements du Prince héritier ne sont pas en reste avec leurs murs entièrement recouverts de faïence d'Iznik.

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Les appartements du Prince héritier (fin XVIe siècle).


Autre luxe, et non des moindres, la vue sur la Corne d'Or d'un côté et le Bosphore de l'autre.

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Vue sur le Bosphore depuis la terrasse du Kiosque d'Abdul Mecit (XIXe siècle).


Visiter le trésor impérial et son incroyable collection d'objets précieux utilisés à l'époque dans le palais permet de mieux se rendre compte du faste de la Cour ottomane. Malheureusement, les photos étant interdites, vous ne verrez aucun des objets présentés. J'aurais pourtant aimé vous montrer l'épée de Soliman le Magnifique, ornée d'or, de rubis et de turquoises, le trône d'Ahmet Ier, en bois incrusté de nacre, la dague de Topkapı, sertie d'émeraudes, le cinquième plus gros diamant du monde (86 carats), etc. La liste serait longue.

Plus loin se trouve la salle des reliques. Mais là encore, les photos sont interdites. On y voit l'empreinte du pied et le manteau sacré du prophète Mahomet et des objets très inattendus comme des poils de sa barbe conservés dans des petites fioles de verre, ou encore le bâton de Moïse (oui, celui-là même qu'il a utilisé pour ouvrir la Mer Rouge et la refermer sur ses poursuivants ! C'était à peu près 1300 ans avant J.-C.). On peut se demander comment ces reliques ont réussi à traverser le temps, mais après tout, on n'est pas à un miracle près...

Au XIXe siècle, le palais de Topkapı sera abandonné au profit du palais baroque de Dolmabahçe qui se voulait plus moderne et surtout encore plus luxueux...

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Le palais de Dolmabahçe sur les rives du Bosphore (XIXe siècle).


Pas de photos de l'intérieur là non plus mais pour une raison bien différente. En effet, le dernier jour de mon séjour en Turquie, je suis arrivé en retard et le palais venait de fermer. Il faut dire que je m'étais un peu attardé au hammam (trois heures tout de même) et entre la sudation, les bains et les massages, je n'ai pas vu le temps passer... Ce sera donc pour une autre fois !

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Published by Hubert Longépé - dans Istanbul
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19 octobre 2008 7 19 /10 /octobre /2008 15:17


Chaque matin, je suis réveillé par le cri des goélands ou par la corne de brume d'un bateau, comme pour me rappeler qu'Istanbul est avant tout un port. Mais parfois, un peu plus tôt, avant l'aube, c'est l'appel à la prière qui me tire du sommeil. D'ailleurs, comment échapper au chant du muezzin dans une ville qui compte près de 3000 mosquées* ?

* 2944 mosquées en fonction à Istanbul selon Wikipedia (chiffres 2007)

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La mosquée Sultan Ahmet (XVIIe siècle).


La Sultan Ahmet Camii, appelée Mosquée Bleue est la mosquée incontournable pour les touristes de passage à Istanbul. Avec ses six minarets élancés et sa cascade de coupoles et de demi-coupoles, elle est imposante.

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La cour impériale et la fontaine aux ablutions.


Elle tire son nom des faïences d'un bleu très vif qui ornent le dôme et les murs à l'intérieur.

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La salle de prières.


Les plus anciennes sont celles qui recouvrent la partie basse des murs et les tribunes. On y trouve les motifs traditionnels de la faïence d'Iznik (lys, oeillets, tulipes, roses, cyprès et arbres divers) où dominent les verts et les bleus.

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L'aile Sud-Ouest.


Elle est très impressionnante par son volume et étonnamment lumineuse. Malheureusement, une barrière de bois interdit d'en faire le tour et vu le monde (entassé derrière la barrière en question) et le brouhaha continuel, il est difficile de ressentir la spiritualité des lieux. Dommage...

Non loin de là, la mosquée Rüstem Paşa, plus petite et moins touristique, est tout aussi spectaculaire. Les magnifiques faïences d'Iznik sont présentes partout : sur les murs, les colonnes, le mihrab (niche creusée dans le mur indiquant la direction de La Mecque), le minbar (chaire)...

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La mosquée Rüstem Paşa (XVIe siècle).


... mais aussi à l'extérieur sur la façade du porche d'entrée.

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Les carreaux de faïence sur la façade du porche d'entrée.


J'apprécie l'atmosphère spirituelle et reposante qui s'en dégage. D'ailleurs, les turcs eux-mêmes ne s'y trompent pas en venant chercher ici calme et repos...

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Méditation et prière pour certains sous le porche d'entrée...

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Et sieste pour d'autres...


Pour clore la visite des édifices religieux remarquables d'Istanbul, un petit tour du côté de l'église Saint-Georges, siège du Patriarcat oecuménique orthodoxe, s'impose. Située dans le quartier du Fener, très à l'écart du tumulte de la ville, elle est récente et ne présente pas d'intérêt architectural particulier.

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La façade de l'église patriarcale orthodoxe Saint-Georges (XVIIIe siècle).


Mais à l'intérieur, on y trouve quelques petites merveilles. A commencer par l’iconostase, cette cloison couverte d'icônes entre la nef et le sanctuaire qui symbolise la séparation entre la terre et le ciel.

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L’iconostase décorée à la feuille d'or.


Au total, une soixantaine d’icônes d'une qualité exceptionnelle. Certaines, plus petites et placées trop haut, échappent à une observation minutieuse. Mais celles du bas fourmillent tellement de détails, qu'elles peuvent occuper les amateurs du genre pendant un bon moment...

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La partie centrale de l'iconostase

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L'aigle bicéphale, symbole de Byzance.


L’église abrite aussi quelques reliques de saints dont celles de Jean Chrysostome (archevêque de Constantinople et l'un des pères fondateurs de l'Eglise grecque, fin IVe-début Ve siècles), et le trône patriarcal, petit chef-d'oeuvre de marqueterie incrusté d'ivoire.

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Le trône patriarcal dit de Saint Jean Chrysostome.


A noter également, une magnifique icône représentant l'empereur Constantin Ier et sa mère Hélène de part et d'autre de la croix. Sainte Hélène est vénérée dans le monde chrétien pour avoir rapporté de Jérusalem les saintes reliques de la Passion du Christ dont la Vraie Croix.


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Constantin Ier (278-337) et sa mère Hélène (247-330) en costumes impériaux.


Même si l’église Saint-Georges n'est fréquentée aujourd'hui que par quelques centaines de Grecs istanbuliotes, son importance symbolique reste considérable dans le monde orthodoxe.

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 14:32


Autrefois, capitale du monde chrétien d'Orient (à partir du IVe siècle), plus tard, étape importante sur la route de Jérusalem pour les Croisés (XIe-XIIIe siècles), ville conquise et développée par les Ottomans (à partir de 1453), Istanbul est depuis longtemps une capitale religieuse de premier ordre.

01
La basilique byzantine Sainte-Sophie (VIe siècle) et ses minarets ajoutés par les Ottomans (XVe siècle).


Le monument religieux (aujourd'hui musée) le plus visité d'Istanbul est sans nul doute Sainte-Sophie. Aussi s'attend-t-on à voir la merveille des merveilles, mais quand on entre dans la nef, on est un peu déçu. Déçu parce qu'il y a un énorme échafaudage sous la coupole qui remplit l'espace et gâche la vue d'ensemble, déçu aussi parce qu'il y a foule et que c'est très bruyant. On vient voir une église byzantine du VIe siècle et on se retrouve dans un hall de gare...

02
La nef de la basilique Sainte-Sophie et... l'échafaudage.


Et pourtant, le "hall de gare" en question est un édifice extraordinaire. Unique de part sa conception et sa taille, il est resté sans rival jusqu'à l'édification des mosquées ottomanes 1000 ans plus tard. D'un diamètre supérieur à 30 m, et d'une hauteur de 56 m, la coupole relève, d'après les techniques de l'époque, du miracle. En entrant dans sa basilique, l'Empereur Justinien se serait écrié "Gloire à Dieu qui m'a jugé digne d'une telle oeuvre. Ô Salomon ! Je t'ai surpassé !"

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La coupole de la basilique Sainte-Sophie.


Dépouillée de ses ornements précieux par les Croisés en 1204 (dont l'autel majeur en argent), privée de ses saintes reliques (la couronne d'épines du Christ et des fragments de la vraie croix ramenés de Jérusalem), transformée en mosquée en 1453, elle recèle pourtant encore bien des trésors pour qui sait lever le nez et observer. Son architecture est en effet une merveille de l'art byzantin.

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La galerie supérieure et ses colonnes de marbre vert.

05
Les chapiteaux finement sculptés de la galerie.


Les mosaïques, longtemps recouvertes par un badigeon (pas de représentation humaine dans la tradition musulmane), sont de toute beauté.

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L'empereur byzantin Léon VI implorant le Christ (fin IXe siècle).

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La Vierge à l'enfant entre les empereurs Justinien et Constantin Ier qui lui offrent de manière symbolique la basilique Sainte-Sophie et la ville de Constantinople (fin Xe siècle).

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Le Christ pantocrator entre l'impératrice Zoé et son époux, Constantin IX Monomaque (XIe siècle).


Une autre église byzantine, de dimensions modestes mais tout aussi digne d'intérêt, est l'église Théodokos de Pammakaristos (Radieuse Mère de Dieu).  Bâtie au XIIe siècle, reconstruite au XIIIe siècle après un incendie, siège du Patriarcat oecuménique orthodoxe aux XVe et XVIe siècles, transformée en mosquée au XVIe siècle (Fethiye camii), elle est aujourd'hui, après restauration, devenue partiellement un musée.

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L'église byzantine Théodokos de Pammakaristos (XIIIe siècle).


A l'intérieur, pas d'échafaudage et pas de touriste ! Des proportions harmonieuses et une lumière qui met en valeur la couleur de la pierre.

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La nef de l'église et ses colonnes de marbre.


Elle se classe parmi les plus belles églises byzantines d'Istanbul par le nombre et la qualité de ses mosaïques.

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Le Christ pantocrator entouré de douze prophètes habillés à l'antique (XIVe siècle).


Les évêques forment le plus grand groupe de mosaïques. Ils sont représentés de face tenant un évangile.

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Saint-Grégoire, fondateur de l'église arménienne (XIVe siècle).


Les moines, eux,  sont vêtus d’une tunique foncée et d’un scapulaire noir. Ils tiennent un rouleau fermé.

13
Saint-Antoine (XIVe siècle).


Mon amie Nathalie et moi sommes éblouis par tant de finesse et de beauté. Ayant chacun notre appareil-photo, nous multiplions les prises de vue à qui mieux mieux. A un moment, pour avoir davantage de recul, je n'hésite pas à me courber tout près du sol, puis à m'allonger sur les dalles de pierre. Heureusement, il n'y personne d'autre que nous dans l'église... C'est risible et Nathalie en profite pour faire quelques photos de moi dans cette position. Me voilà pris en "flagrant délit". J'espère juste qu'elle se gardera de les divulguer...

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5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 21:30


Istanbul, seule ville au monde à cheval sur deux continents, l'Europe et l'Asie, a toujours été un lieu de passage et d'échanges privilégié entre l'Orient et l'Occident.

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La carte de la Turquie avec Istanbul en point de mire.


Le Bosphore représente la frontière physique entre ces deux mondes.


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Photo satellite de la ville d'Istanbul et du Bosphore.


Vendredi 4 juillet 2008 : Notre avion commence sa descente vers l'aéroport Atatürk situé à l'ouest d'Istanbul. Temps clair sans nuage. La piste d'atterrissage étant momentanément indisponible, nous devons patienter en tournant au-dessus de la ville. Ce petit détour n'est pas fait pour me déplaire. Le nez collé au hublot, je découvre pour la première fois Istanbul, le fameux Bosphore et au loin, la mer de Marmara. Belle entrée en matière...

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La ville d'Istanbul vue du ciel.


Première surprise : la ville est entourée de verdure. Moi qui m'attendais à voir un paysage de type méditerranéen, brûlé par le soleil, me voilà servi. Les rives du Bosphore, parfois élevées, sont bordées de collines cultivées ou boisées. Vu du ciel, c'est donc le vert qui domine.
Deuxième surprise : la ville est gigantesque. Il faut dire que sa population a plus que triplé ces 25 dernières années et compte aujourd'hui 12.5 millions d'habitants, soit un peu plus que Paris.

04
Le Bosphore avec au loin la mer de Marmara.


L'avion vire de bord et repasse au dessus d'Istanbul. Cette fois-ci, je vois la partie Nord du Bosphore. Un régal pour les yeux...

05
Le Bosphore avec au loin la mer Noire.


Le Pont Fatih Sultan Mehmet et le Boğaziçi Köprüsü sont les deux seuls ponts qui enjambent le Bosphore et relient l'Europe à l'Asie.

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Le Bosphore vu du Pont Fatih Sultan Mehmet. A gauche, l'Orient et à droite, l'Occident...


Le trafic y est toujours très dense et les automobilistes doivent souvent s'armer de patience pour les traverser.

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Le pont Fatih Sultan Mehmet.


Sur la rive européenne du Bosphore se trouvent deux des quartiers les plus intéressants : Sultanahmet et Beyoğlu.

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Les quartiers de Sultanahmet et de Beyoğlu reliés par le Pont Galata.


Très fréquentés par les touristes, ils concentrent les monuments les plus connus d'Istanbul : le palais de Topkapı, Sainte-Sophie, la Mosquée Bleue, le palais de Dolmabahçe, la tour de Galata... etc.

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Le quartier de Beyoğlu et la tour de Galata (XIVe siècle).

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Le quartier de Sultanahmet et le palais de Topkapı (XVe-XIXe siècles).

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Le palais de Dolmabahçe (XIXe siècle).


Mais avant de nous lancer dans le flot de touristes, prenons le temps de contempler le Bosphore encore un peu...

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Pêcheur sur les rives du Bosphore.

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Préparation du thé sur les rives du Bosphore.


A la fois lieu d'histoire, de découverte et de détente, le Bosphore symbolise le lien qui unit l'Orient et l'Occident. Il représente une belle entrée en matière pour qui visite Istanbul.

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