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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 21:25

 

Lorsque le minibus quitte Trabzon, le ciel est très nuageux et quand nous approchons du Monastère de Sumela situé en pleine montagne, nous entrons dans la couche de nuages et une petite bruine se met à tomber. Il faut dire que nous nous trouvons dans une des régions les plus arrosées de la Turquie et même si nous sommes en été, les averses y sont fréquentes.

 

 

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La carte de la Turquie avec le Monastère de Sumela en point de mire.

 

 

Le monastère est construit sur la paroi d'un à-pic rocheux dans la vallée d'Altındere à une quarantaine de kilomètres au sud de Trabzon. Il porte aussi le nom de Meryem Ana (la Vierge Marie) à laquelle il est dédié. Dominant la vallée de presque 300 mètres, il est très impressionnant.

 

02B copie

L'aqueduc (à gauche), lui aussi construit à flanc de falaise, approvisionnait le monastère en eau.


Pour entrer dans le monastère, il faut emprunter un escalier pentu.

  

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L'escalier menant à l'entrée du monastère.


Une fois le poste de garde franchi, on accède à la cour intérieure. Le monastère comprend une église troglodyte, plusieurs chapelles, des cuisines, des salles d'étude, une auberge pour les pèlerins de passage, une bibliothèque et une source sacrée vénérée par les Grecs orthodoxes.

  

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La cour intérieure avec les bâtiments monastiques.

 

  

  

Selon la tradition locale, il aurait été fondé par deux prêtres, Barnabas et Sophronius, venus d'Athènes à la fin du IVe siècle. La légende dit qu'ils ont trouvé une icône de la Vierge Marie dans une caverne sur la montagne et qu'ils ont décidé de rester afin d'établir un monastère. Restauré et agrandi au VIe siècle, c'est au XIIIe siècle, sous le règne d'Alexis III Comnène, que le monastère connaîtra son apogée. En fait, sa richesse était assurée par l'empire grec de Trébizonde installé à Trabzon depuis 1204.

  

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Quelques uns des bâtiments monastiques.


L'influence ottomane est visible dans l'architecture, tant à l'intérieur des quelques pièces que l'on peut visiter qu'à l'extérieur.

  

 

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Probablement une ancienne fontaine.

 

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Détail des niches au-dessus de la fontaine.

 

 

Au XVIIIe siècle, le monastère sera de nouveau restauré et les murs de la chapelle principale seront décorés de fresques. Au XIXe siècle, de nouveaux bâtiments seront construits qui donneront l'aspect final que l'on voit aujourd'hui. On ne visite que la chapelle principale pour le moment, le reste étant fermé pour cause de restauration.

 

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La chapelle, creusée dans la roche, couverte de fresques.


Les fresques sont malheureusement très endommagées car elles ont beaucoup souffert des actes de vandalisme. Elles représentent des scènes bibliques et des scènes racontant la vie de Jésus Christ et de la Vierge Marie.

 

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Différentes fresques extérieures (détériorées) représentant la vie de Jésus Christ.


A l'intérieur, les murs ainsi que le plafond sont également couverts de fresques.

 

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L'intérieur de l'église dédiée à la Vierge Marie.


Fort heureusement, celles placées en hauteur ont échappé aux vandales.

 

 

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La Vierge et l'enfant Jésus bénissant (trois doigts levés, symbole de la Trinité).


Certaines sont de toute beauté et je passe beaucoup de temps à les regarder.

 

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La Vierge en majesté entourée d'anges richement vêtus.


Beaucoup de temps...

 

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L'icône de Meryem Ana vénérée pendant une cérémonie religieuse.


Beaucoup, beaucoup de temps...

 

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L'épisode de Jonas recraché par un grand poisson (souvent vu comme une baleine).


Mais vraiment beaucoup de temps...

 

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Le prophète Daniel dans la fosse aux lions.


Je passe tellement de temps à les regarder que j'en oublie l'heure et il s'en faut de peu que je manque le minibus censé me ramener à Trabzon. Me voilà obligé de courir sur le chemin qui mène au lieu de rendez-vous ! Quand une camionnette de touristes turcs passe à ma hauteur, j'ai le réflexe de tendre le pouce. Le chauffeur s'arrête et me demande où je vais. Je réponds que je descends juste au parking à 2 km en contrebas. On a la gentillesse de me faire une petite place et c'est parti. J'arriverai tout juste à l'heure...

La surprise de la journée, c'est tout de même ma rencontre avec la famille française de Charente-Maritime pas vue depuis Divriği, à 200 km de là. Nous voyageons à notre rythme, eux en voiture et moi en bus et voilà que nous nous retrouvons au même endroit à la même heure sans s'être donné rendez-vous ! Ca me fait bien plaisir de les revoir. Ils me racontent que la fameuse gorge que j'ai empruntée en train, au départ de Divriği, eux, l'ont parcourue en 4x4 !

 

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Pascal, Anne et leurs enfants, Arthur, Héloïse et la petite Clémence.


Le Monastère de Sumela, bien que très touristique, vaut vraiment le coup d'oeil et compense largement la déception ressentie à Trabzon. C'est un lieu chargé d'histoire et de spiritualité dans un cadre de verdure époustouflant. Je regrette simplement de ne pas avoir eu meilleur temps pour la visite.

 

 

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Published by Hubert Longépé - dans Mer Noire
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4 mars 2009 3 04 /03 /mars /2009 13:10

 

Le chauffeur du bus qui nous conduit d'Erzincan à Trabzon cumule les erreurs. Tout commence par un accrochage avec un taxi sur le parking de la gare routière au moment du départ. Ensuite, c'est un stop brûlé, le franchissement d'une ligne continue, un dépassement en côte et des excès de vitesse. De surcroît, il fume (interdit dans les bus de transport public) et téléphone au volant. La fin du trajet est pénible. Il fait nuit, il pleut et un brouillard épais s'est abattu sur la montagne. Soudain, les essuie-glaces se bloquent. Le chauffeur décide de s'arrêter pour réparer en plein milieu de la chaussée alors que la visibilité est nulle...  Parti le matin même de Divriği, j'arrive à Trabzon tard et complètement exténué.

  

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La carte de la Turquie avec Trabzon en point de mire.

 

 

Qu'est devenue l'ancienne Trébizonde ? Suite à la prise de Constantinople en 1204 par les Croisés, la famille impériale est obligée de se réfugier sur les bords de la mer Noire et y fonde un nouvel empire dont le rayonnement économique et culturel va durer jusqu'en 1461, date de sa conquête par les Ottomans. Aujourd'hui Trabzon est le port turc le plus important de la mer Noire. On y fait commerce avec la Géorgie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan et l'Iran. La ville s'est développée autour de son port et on peut regretter la disparition de nombreux quartiers historiques.

 

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Les immeubles et la voie rapide longeant la Mer Noire.

 

 

Moi qui me faisais un plaisir de revoir la mer, je suis déçu... Quant au centre-ville, il est très bruyant, particulièrement du côté de la place de la mairie. J'ai compté vingt coups de klaxon par minute, soit un toutes les trois secondes ! Et mieux vaut regarder à deux fois avant de traverser la rue...


Sur le trottoir, des enfants, armés de pèse-personnes, proposent aux passants de se faire peser en échange d'une pièce.

 

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Certains de ces enfants sont si petits...  

 

 

Un peu à l'écart du centre-ville, le musée d'Aya Sofya, une église chrétienne orthodoxe du XIIIe siècle avec son jardin arboré, est un havre de paix. Construite pendant le règne de l'Empereur Manuel Ier Comnène, elle est un magnifique exemple de l'Art post-byzantin. Transformée en mosquée après la conquête ottomane en 1461, utilisée par les russes comme entrepôt de munitions et hôpital militaire pendant la Première  Guerre Mondiale, elle fut restaurée dans les années 1960 et ouverte au public en tant que musée.

  

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L'église Aya Sofya (1238-1263) surplombant la mer.  

 

 

L'édifice, en forme de croix inscrite dans un carré et surmonté d'un dôme, témoigne de l'influence géorgienne. Les niches décorées de figures géométriques sur le porche Ouest témoignent, elles, de l'influence seldjoukide.

 

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Le porche Ouest.

 

 

Sur le porche Sud, on voit une fresque, aujourd'hui endommagée, figurant Adam et Eve chassés du Paradis ainsi qu'un bas-relief représentant un aigle, symbole de la famille Comnène, les fondateurs de l'édifice.

 

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Le porche Sud.

  

 

En entrant, on découvre une très belle nef dont les fresques composent l'essentiel de la décoration.

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La nef de l'église Aya Sofya.

 

 

Dans le choeur, on voit le Christ entouré d'anges.

 


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La fresque du Christ pantocrator (le côté divin de Jésus Christ est mis en valeur). 
 

 

 

Au niveau du dôme, des scènes de la Bible.

 


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Le dôme et une des quatre colonnes de marbre.
 

 

 

Sont représentés, entre autres, la naissance du Christ, son baptême, sa crucifixion et sa résurrection. Comme j'aimerais être à la bonne hauteur pour mieux les apprécier !

 


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Le chemin de croix (en bas à droite) et la crucifixion (en bas à gauche).

 

 

Les photos au flash sont interdites afin de protéger les fresques, mais pourquoi le gardien m'interdit-il l'utilisation du pied d'appareil photo ? Tant pis, je m'en passerai. Comme je sors de l'église, je croise un pope en pleine conversation avec des fidèles.

 


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Le pope en visite.
 

 

De retour dans le centre-ville, je visite le musée qui se trouve dans une villa de 1912 de style italien. On y voit les appartements où a séjourné Atatürk pendant quelques temps, avec la décoration et les meubles d'origine. Dans les autres salles sont exposées de belles collections. Parmi elles, certains objets religieux attirent mon attention.

  

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De splendides icônes russes (XIXe siècle).

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Une croix russe orthodoxe (XIXe siècle).

 

 

On y trouve également des objets de la vie quotidienne.

  

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Une tabatière (XIXe siècle).

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Une montre à gousset émaillée (XIXe siècle).

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Une coiffe d'apparat (XIXe siècle).

 

A défaut de se baigner, on peut toujours s'assoir sur la digue et regarder les bateaux passer au loin. C'est ce que les gens font, notamment à l'heure où le soleil se couche.

 

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Le coucher de soleil sur la mer Noire.

 

 

La ville de Trabzon est assez décevante car elle a sacrifié à la modernité et offre peu d'intérêt hormis son église du XIIIe siècle, son musée et son bazar. Mais la proximité de la Géorgie (à seulement 160 km) fait qu'il y règne une atmosphère particulière ; on y entend parler russe et on peut même voir des enseignes écrites en alphabet cyrillique. De plus, elle constitue une étape nécessaire pour visiter le Monastère de Sumela, situé dans la montagne à une quarantaine de kilomètres de là.

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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 17:10


La route côtière qui relie Amasra à Sinop, à 300 km plus à l'Est, offre de magnifiques panoramas sur la mer Noire. Elle est malheureusement mal desservie par les transports en commun. Aussi, plutôt que d'attendre un hypothétique bus, je préfère tenter ma chance en auto-stop. Et ça marche !

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La carte de Turquie avec la route d'Amasra à Cide en point de mire.


A la sortie d'Amasra, une voiture s'arrête à ma hauteur. Le jeune homme propose de m'emmener jusqu'au village d'après. Je monte dans le véhicule et engage la conversation.

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Serkan au volant de sa voiture.


Serkan parle un peu l'anglais. Il m'explique qu'il est étudiant et qu'il a un petit boulot de cuisinier pour l'été. Il se rend à son travail. Dans la voiture, des sacs de tarhana (aliments déshydratés à base de céréales) qui serviront à faire des soupes.

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Accrochés au rétroviseur, des porte-bonheurs les plus divers, y compris des objets publicitaires !


La route se faufile à travers un paysage de montagne verdoyant et le panorama est superbe. Serkan se propose de s'arrêter pour que je puisse faire des photos. Je n'en abuse pas pour ne pas le mettre en retard mais j'apprécie sa gentillesse et sa disponibilité.

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La côte de la Mer Noire entre Amasra et Çakraz.


Nous arrivons dans le petit village de Çakraz, en bord de mer. La plage est déserte à cette heure de la journée. Mon "chauffeur" me dépose et me souhaite bonne chance. Je le salue et le remercie vivement.

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La plage de Çakraz.


Je parcours le remblai sur toute la longueur et croise quelques personnes qui me regardent avec curiosité. Ca ne doit pas être fréquent de voir un étranger, sac au dos, débarquer dans le coin...

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Les chaises longues sont encore vides en ce milieu de matinée.


Je continue de marcher jusqu'aux rochers de grès rouge qui marquent la fin de la plage et m'arrête au niveau des petites embarcations de pêcheurs. L'endroit respire le calme et le repos. Je resterais bien quelques heures ici pour profiter du lieu mais il me faut avancer car la route est encore longue jusqu'à Sinop.

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Quelques barques de pêcheurs en bout de plage.


Je marche un kilomètre pour sortir du village et tends de nouveau le pouce. Les véhicules sont rares et cette fois-ci, l'attente est plus longue. Le soleil est maintenant haut dans le ciel et la chaleur plus vive. Heureusement, les arbres en bordure de route m'offrent un peu d'ombre. Après une bonne heure d'attente, une voiture ralentit et s'arrête.

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Murat sur la route de Kurucaşile.


Murat, la trentaine, parle l'anglais lui aussi. Il travaille comme négociant en acier. Aujourd'hui, il va voir des charpentiers de marine à Kurucaşile pour voir l'avancée des travaux et me propose de venir avec lui, ce que j'accepte bien volontiers.

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Kurucaşile et sa plage.


Nous sommes accueillis par trois ouvriers qui nous font visiter le chantier. Ils travaillent sur trois embarcations destinées au musée de Sinop mais fabriquent également des yachts et leur savoir-faire est reconnu bien au-delà des frontières turques.

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Les trois ouvriers devant un de leurs bateaux en construction.


Un riche italien leur a passé commande d'un yacht dont il a élaboré les plans. En le faisant construire ici, non seulement il sera assuré d'un travail et d'une finition exemplaires mais il paiera son bateau deux à trois fois moins cher que s'il l'avait fait faire en Europe. Je n'ai pas le droit de prendre de photos du petit bijou car le futur propriétaire redoute la copie frauduleuse...

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Un des charpentiers de marine à l'oeuvre.


Nous passons la fin de la matinée à bavarder autour d'un thé, puis deux, puis trois... La pause s'éternise mais les ouvriers sont visiblement contents de faire partager leur passion. Car il s'agit bien de passion. Ici, point de rendement ou de rentabilité mais plutôt le goût du travail bien fait et de la patience, beaucoup de patience...

L'heure du déjeuner approche et je propose à Murat de devenir mon hôte, ce qu'il accepte. Il suggère de s'arrêter dans le port de Gideros où l'on mange, dit-il,  de délicieux poissons.

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Le minuscule port de Gideros.


Le port de Gideros tient plus de l'abri naturel que d'un port à proprement parler. Quelques enfants se baignent et jouent dans l'eau.

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Quelques minuscules embarcations à l'échelle du port.


La terrasse de l'unique restaurant, à l'ombre d'une treille, donne directement sur la grève. On nous sert des anchois grillés à point et des istavrit (poissons un peu plus gros que des sardines), le tout servi avec une salade à base de tomates et de concombres. C'est un vrai régal.

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Murat à la terrasse du restaurant.


Au moment de payer l'addition, je m'aperçois que tout est déjà réglé. Murat sourit derrière sa moustache. Il a sans doute profité du moment où il est allé aux toilettes pour passer à la caisse. Quand je lui dis que c'était à moi de l'inviter, il prononce ces mots qui résonnent encore dans ma tête : "C'est un honneur pour nous de recevoir des étrangers qui ont choisi de visiter notre pays ". Je suis stupéfait. C'est le genre de phrase qui remet les pendules à l'heure. Un étranger, a-t-il déjà entendu ça en France, soi-disant terre d'accueil ? Je ne parierais pas.

L'après-midi est déjà bien avancé lorsque nous reprenons la route. Nous approchons de Cide où mon hôte doit me déposer avant d'aller voir de la famille non loin de là et de s'en retourner vers Safranbolu.

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La grande plage de Cide.


J'ai le choix entre continuer vers Sinop en suivant la côte ou prendre un bus pour Kastamonu, une ville à l'intérieur des terres, avec peut-être la possibilité d'y être avant la nuit. L'idée de poursuivre la route côtière m'attire mais je me refuse à faire du stop en fin de journée. Quant à passer la nuit sur place et reprendre la route le lendemain, cela veut dire consacrer un jour de plus, voire deux à découvrir la côte et passer moins de temps dans l'Est du pays qui reste mon objectif principal.

Tout dépend des horaires de bus. Murat se propose donc de me déposer au terminal de Cide. Après renseignement, il se trouve qu'un bus à destination de Kastamonu part dans deux heures. C'est décidé, j'opte pour Kastamonu. Mon ticket en poche, je reviens sur la plage où j'ai tout le loisir de regarder la mer et d'observer les gens. Ici, ces femmes portant robe longue et foulard...

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Sur la plage de Cide.


Là, ce jeune couple cherchant quelque trésor dans le sable...

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Sur la plage de Cide.


Et là, cette mère surveillant son fils du coin de l'oeil pendant qu'il joue dans le sable...

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Sur la plage de Cide.


Aujourd'hui, quand je pense à cette route côtière et que je revois les photos, j'ai quelques regrets de n'avoir pas continué vers Sinop. Je suis certainement passé à côté de quelques beaux paysages, quelques belles plages et, qui sait, quelques autres belles rencontres en auto-stop. Tant pis, ce sera pour une autre fois...

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 13:11


Située sur les rives de la mer Noire à deux heures au Nord de Safranbolu, Amasra est une destination prisée par les touristes turcs qui viennent profiter de sa plage et de son soleil le temps d'un week-end ou des vacances.

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La carte de la Turquie avec Amasra en point de mire.


Le minibus qui nous y emmène nous fait traverser des paysages très verdoyants et à certains endroits, on pourrait se croire sur une petite route de Corrèze si ce n'est cette rivière asséchée sur notre droite qui ne charrie que des cailloux.

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Le chauffeur du minibus très concentré et un talisman au nom d'Allah accroché au rétroviseur.


La route serpente à travers la montagne puis redescend brusquement vers la mer Noire. Nous découvrons la presqu'île d'Amasra protégée par deux longues digues.

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La presqu'île d'Amasra.


Certains hôtels affichent "complet" et c'est non sans mal que je trouve une chambre. Le prix est le double de ce que j'ai payé à Safranbolu. Normal, le soleil et la plage attirent les touristes et les commerçants auraient tort de ne pas en profiter.

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La plage de sable fin très prisée par les familles turques.


Jusqu'à maintenant, la presqu'île a été épargnée par le béton mais pour combien de temps ? Sur les hauteurs, on voit pousser des immeubles qui commencent à défigurer le site. On peut parier que d'ici quelques années, il sera trop tard...

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La plage et quelques immeubles modernes en arrière-plan.


Vu la chaleur qui règne en ce 10 juillet, je me réjouis à l'idée de me baigner. Malheureusement, je déchante vite. A peine rentré dans l'eau, je m'aperçois que je suis entouré de méduses... des dizaines de méduses ! Je fais ni une ni deux et ressors aussi vite que je suis rentré !

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Des musulmanes traditionnelles se baignant tout habillées.


Un port est aménagé en bout de plage. Protégés par les digues, les bateaux de pêche et de plaisance sont à l'abri.

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Quelques bateaux de pêche dans le port.


De l'autre côté de la presqu'île se trouvent une plage minuscule et un autre port réservé, celui-là, à l'entretien des bateaux.

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La plage déserte et quelques bateaux mis en cale.


Je m'installe à une terrasse et ne boude pas mon plaisir de goûter au poisson de la mer Noire devant un paysage aussi agréable. Les haut-parleurs du restaurant diffusent les chansons de Barış Akarsu, un chanteur originaire d'Amasra, mort l'année précédente à 28 ans d'un accident de voiture. Il avait gagné sa popularité en remportant la finale de l'émission de télévision Akademi Türkiye (équivalent de Star Academy) et chanté une chanson en l'honneur d'Amasra. Sa statue trône d'ailleurs sur le remblai face à la mer.

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Ici, la terrasse du restaurant affiche un talisman contre le mauvais oeil.


Au-delà de l'intérêt touristique, la ville d'Amasra présente un intérêt historique. Autrefois byzantin, le port fut loué aux Génois qui le fortifièrent et l'utilisèrent à des fins commerciales. Aujourd'hui, les fortifications sont encore visibles.

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Les fortifications génoises (XIIIe-XVe siècles).


On pénètre dans l'ancienne citadelle soit par des escaliers, soit par une double porte en pierre.

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La porte Ouest de la citadelle.


Je m'arrête pour déguster des gözleme (crêpes farcies). Quand on me demande avec quoi les farcir, viande, pommes de terre, fromage, je dis les trois pensant demander une "complète". En fait, j'aurai l'équivalent de trois galettes : une à la viande, une aux pommes de terre et une au fromage !

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Le site d'Amasra et ses falaises surplombant la mer.


La citadelle était protégée d'un côté par des remparts et de l'autre par de hautes falaises constituant une défense naturelle. L'intérieur est aujourd'hui constitué de maisons privées. Elles ne sont pas anciennes et n'offrent aucun d'intérêt particulier, mais certaines se distinguent par leurs couleurs originales.

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Des géraniums en fleurs égayant le rebord d'une fenêtre.

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On se déchausse toujours avant d'entrer dans une maison turque.


Au bout de la presqu'île, un petit pont de pierre, autrefois fortifié,  permet d'accéder à un rocher qui s'avance dans la mer.

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La presqu'île avec le pont de pierre à gauche et les restes d'une tour génoise à droite.


Après avoir franchi le pont et dépassé les dernières maisons, un chemin caillouteux mène à un sémaphore. De là, la vue sur la mer Noire est splendide. En face, à 300 km au Nord, j'imagine les côtes de la Crimée. A l'Est, la montagne recouverte de forêts plonge dans les eaux bleues de la mer Noire.

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Une terrasse de café avec vue sur un îlot, la mer et la chaîne côtière.


Au fait, savez-vous pourquoi on l'appelle la mer Noire ? Ce sont les Turcs seldjoukides qui, dès le XIe siècle, ont adopté un système de couleur pour désigner les quatre points cardinaux. Ainsi, dans le cas présent, le noir (kara en turc) désigne le Nord. De la même façon, le blanc (ak) désigne le Sud, le rouge (kızıl), l'Ouest et le vert (yeşil), l'Est.

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 14:53


Pour fêter ses cinq ans de présence en Turquie, mon amie Nathalie décide de faire découvrir à Enver, un de ses proches amis turcs de passage à Istanbul, et à moi-même, Rumeli Feneri, un coin qui lui tient particulièrement à coeur.

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La photo satellite du Bosphore avec Rumeli Feneri en point de mire.


Située à 1h30 de bus d'Istanbul à l'extrémité nord du Bosphore, la petite bourgade, construite sur les rives de la mer Noire, possède un charme certain. Ici, pas de maisons anciennes mais un site très agréable dominé par un phare tout blanc qui sert d'amer pour les bateaux.

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Le village de Rumeli Feneri et son phare (1856).


Au loin, sur le Bosphore, défilent à un rythme régulier toutes sortes de bateaux : ferries, paquebots, porte-conteneurs, rouliers, céréaliers, méthaniers, tankers... au total près de 60 000 navires par an, ce qui en fait un des lieux de trafic maritime les plus importants au monde. Regarder ces mastodontes entrer ou sortir du détroit à vitesse réduite (dix noeuds autorisés) est un spectacle permanent dont je ne me lasse pas.

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Un cargo entrant dans le Bosphore.


Rumeli Feneri est avant tout un port de pêche. Les chalutiers à quai sont là pour nous montrer combien l'activité est encore importante aujourd'hui
. On pêche entre autres le bar, la daurade et l'anchois, mais malheureusement, la pollution de la mer Noire fait que les prises sont bien moins variées et nombreuses aujourd'hui qu'il y a quelques dizaines d'années.

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Le port de Rumeli Feneri et l'entrée Nord du détroit du Bosphore.


Chaque week-end, le village accueille quelques dizaines de turcs venus en famille ou entre amis pour pique-niquer au bord de l'eau ou faire un tour en bateau. La douceur et la quiétude des lieux n'en sont pas perturbées pour autant...

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Le port et le bourg de Rumeli Feneri.


Jouissant d'une position stratégique, le site a été défendu de façon quasi-continue au fil des siècles. Aujourd'hui, on peut voir les vestiges d'un fort construit en 1769 par un ingénieur  militaire grec au service de l'Empire ottoman.

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Les ruines du fort ottoman (XVIIIe siècle).


Plus proche de nous, pendant la période de la guerre froide avec l'Union Soviétique, ce lieu a retrouvé son importance stratégique. La Turquie, base avancée de l’Alliance Atlantique, y a installé une base militaire de
façon à mieux contrôler le Bosphore.

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La cour du fort avec ses arcades.


Les militaires ont quitté le fort dans les années 90. Depuis, il est à l'abandon. La vue y est fort belle. On y découvre une côte encore préservée et, au loin, toute une flotte de navires au mouillage.

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Les navires au mouillage en attente de l'autorisation de passage.


L'air marin, le vent, les goélands, le bruit des vagues s'écrasant sur les rochers... pour peu, je me croirais dans ma Bretagne natale...

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Le photographe photographié (une fois n'est pas coutume).


D'ailleurs, comme en Bretagne, une série de légendes entoure ce site comme celle de la Toison d'or. C'est ici que, selon la mythologie grecque, Jason et les Argonautes, à bord de leur navire Argos, auraient affronté des dangers inouïs au milieu des rochers mouvants avant d'aller s'emparer de la Toison d'or, la toison d'un bélier immortel aux pouvoirs magiques.

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Détail d'un vase représentant Jason rapportant la Toison d'Or au roi Pélias (340 av. J.-C.).


Mais il est temps de fêter dignement les cinq ans de présence de Nathalie en Turquie. Aussi, nous invite-t-elle dans l'un des restaurants de poissons du village donnant directement sur le port. Après les traditionnels meze (assortiment d'entrées chaudes et froides), nous nous délectons des poissons cuits à merveille par le chef-cuisinier.

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Une assiette de rougets de la mer Noire.


En dessert, le helva au four, gâteau à base de roux de farine, saupoudré de noisettes, enchante nos papilles.

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Le helva servi très chaud.


Après ce délicieux repas, nous faisons un dernier tour dans les rues du village avant de reprendre le bus pour Istanbul. Merci pour cette merveilleuse journée Nathalie...

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Nathalie et son appareil-photo dont elle ne se sépare jamais...


... et encore une fois, bon anniversaire !

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